Histoire

4 mai 1907, Lille: fondation de l’Union nationale des associations détudiants de France

Réunies à Lille, le 4 mai 1907, 6 associations générales d’étudiants décident de fonder une Union nationale des associations d’étudiants de France. Les statuts sont déposés le 15 mai, et publiés au Journal officiel de la république française le 2 juin 1907. 

Trente ans après la création de la première AGE à Nancy, la constitution d’une union nationale d’étudiants en tant que tels est quelque chose de nouveau dans le monde. L’exception deviendra le modèle, condition nécessaire pour faire partie de la Confédération internationale étudiante fondée à Strasbourg en 1919, puis de l’Union internationale des étudiants en 1946.

21-28 avril 1946: il y a 75 ans le congrès de la charte de Grenoble 75 ans

A la mémoire des membres de l’AAUNEF délégués au congrès de Grenoble : Pierre Trouvat, Charles Lebert, Louis Laisney et de celle de Pierre Rostini et Paul Bouchet qui en furent les présidents.

Le texte reprend des éléments de la présentation de Robi Morder au séminaire Cité/Germe/GIS du 15 avril 2021 et de la contribution d’Alain Monchablon, « 1946, le congrès de la charte de Grenoble », dans Robi Morder (coord.),  Naissance d’un syndicalisme étudiant, 1946 : la charte de Grenoble, Paris, Syllepse, col. Germe, 2006.

La « déclaration des droits et devoirs des étudiants »,  plus connue comme la charte de Grenoble, est adoptée lors du 35e congrès de l’UNEF. C’est le premier congrès du temps de paix – le précédent tenu à Dax en avril 1945 s’étant déroulé alors que les combats ultimes se poursuivaient en Allemagne. Strasbourg, redevenue alors française, qui avait accueilli en 1919 le congrès de l’après Première Guerre, avait été envisagée, mais l’état des destructions avait rendu cette option impossible, elle sera réalisée en 1947. Il reste trois semaines pour changer de ville.

L’UNEF et les morts de Charonne (février 1962), deux témoignages: Michel Langrognet et Dominique Wallon

Le 8 février 1962 une manifestation contre les attentats de l’OAS (Organisation armée secrète, partisans du maintien de l’Algérie en France) à laquelle, parmi d’autres organisations, (CGT, CFTC, UNEF, SGEN, FEN et SNI, ainsi que PCF, PSU et Mouvement de la paix) l’UNEF appelle est violemment réprimée par la police parisienne, sous les ordres du préfet Papon. A la station de métro Charonne, on relève 9 morts. Le 13 février des centaines de milliers de personnes manifestent, à Paris le cortège funéraire va de République au Père-Lachaise. Dominique Wallon, son président, prend la parole au nom de l’UNEF. Voici son témoignage après celui de notre ami Michel Langrognet, ainsi que le discours prononcé. (Ci-dessus, extraits de la une et des pages centrales de « L’Étudiant de France », col. La contemporaine, consultable sur le site cme-u.fr).

L’UNEF et la guerre d’Algérie

Benjamin Stora, historien, ancien militant et responsable de l’UNEF unité syndicale et de l’UNEF indépendante et démocratique, vient de remettre au président Emmanuel Macron un rapport, accessible publiquement, « Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie ».  Pour l’association des anciens de l’UNEF c’est l’occasion de rappeler le rôle, parfois encore ignoré, joué par le syndicalisme étudiant alors rassemblé dans l’UNEF, dans la lutte contre la guerre d’Algérie

Hommage à Malik Oussékine

L’association des anciens de l’UNEF se souvient du 6 décembre 1986, date à laquelle un étudiant de 22 ans, Malik Oussekine, trouva la mort sous les coups de matraque, rue Monsieur le Prince à Paris. Elle était représentée ce 6 décembre 2020 par Jean-Jacques Hocquard, aux côtés de Melanie Luce, présidente de l’UNEF et des représentants de la Mairie de Paris, pour se recueillir et se souvenir qu’il y a 34 ans, Malik Oussekine était battu à mort par les voltigeurs de Pasqua. PLUS JAMAIS ÇA !

80e anniversaire du 11 novembre 1940

Cette année 2020 était le 80ème anniversaire de la manifestation étudiante et lycéenne du 11 novembre 1940 sur les Champs-Elysées.

I/ Souvenons nous.

Le 23 octobre 1940, le gouvernement de Vichy retire au 11 novembre le statut de jour férié. Si des dépôts de gerbe sont tolérés, tout rassemblement en revanche est interdit. Dès les premiers jours de novembre, au Quartier latin de manière spontanée et diversifiée on évoque, malgré les interdictions, de se regrouper le 11 novembre pour aller à l’Etoile à la sortie des cours. Des tracts circulent, parfois recopiés de la main à la main. Surtout à l’initiative de jeunes qui se connaissent, plutôt qu’à des groupes organisés. Pas de consignes des partis, ni de l’UNEF. Un tract est également ronéoté 5 place Saint-Michel, dans les locaux des œuvres, du centre d’entraide des étudiants prisonniers et de l’UNEF.

II/ L’UNEF en novembre 1940

A la veille de la guerre, l’UNEF comptait 21000 adhérents, un quart du corps étudiant. En 1939 60% de ses membres sont mobilisés dans l’armée, dont une bonne partie du bureau.

Jean David, à qui a été confiées présidence, trésorerie et secrétariat, s’installe, après l’Armistice, à Clermont-Ferrand « non loin des ministères » (près de Vichy) et demeure en contact avec les AGE. A Paris, François de Lescure, de la corpo des lettres, membre clandestin du Parti communiste, assure la représentation de l’UNEF en zone occupée.

Au 5 bd Saint-Michel sont installés, l’UNEF, le CSO (les œuvres) et le Centre d’entraide aux étudiants prisonniers. En septembre 1940, Jean David et Alfred Rosier, (secrétaire général des œuvres) donnent la ligne : « maintenir l’UNEF pour maintenir les Œuvres ».

III/ 11 novembre 1940 : « à l’avant-garde de la jeunesse française »

Le 11 novembre 1940, malgré l’interdiction, plusieurs milliers de jeunes sortant des lycées et des facultés en fin d’après-midi se rendent en groupes aux Champs-Elysées pour déposer des gerbes. Ils viennent du Quartier Latin, des lycées du 16e (Janson-de-Sailly), du centre de Paris (Charlemagne, Turgot), de l’est (Voltaire)… On y trouve bien sûr des gaullistes, des monarchistes de la corpo de droit, des communistes, mais la majorité est sans affiliation particulière, agglomérat hétéroclite amalgamé autour d’une commune opposition à l’occupation.

De Lescure et Louis Laisney (président de l’AGE de Caen, présent à Paris ce jour-là) font connaissance ; ce dernier raconte : « Dans la conversation patrio­tique que nous avions, nous nous sommes dit que ce serait bien de faire un saut à l’Arc de Triomphe. Nous y sommes allés en ordre dispersé, sans idée de faire une manifestation ».

Les manifestants, autour de 2000, sont d’abord bloqués, mais ceux de Janson arrivent à déposer une gerbe de 2 mètres de haut en forme de Croix de Lorraine. Les cortèges sont violemment dispersés par la police française et les militaires allemands. Il y a 150 arrestations, quelques bléssés mais, en revanche, pas de morts, contrairement aux rumeurs reprises ensuite par Radio Londres ou les journaux clandestins.

C’est le premier acte de la résistance à l’occupation nazie, étudiants et lycéens se mettant « à l’avant-garde de la jeunesse française » comme le souligne en 1946 la charte de Grenoble.

Robi Morder

11 novembre

Gerbe de l’AAUNEF à l’Étoile lors d’une cérémonie du 11 novembre

Pour aller plus loin :

Alain Monchablon, « La manifestation à l’Étoile du 11 novembre 1940 : histoire et mémoires » Vingtième Siècle. Revue d’histoire 2011/2 (n° 110),

Un dossier sur le site du Germe

Exposition du « musée de la résistance en ligne » consacrée au 11 novembre 1940

Video de la webconférence le 10 novembre 2020 « Le 11 novembre 1940 80 ans après », organisée par le Germe et la Cité des mémoires étudiantes.

Biographie de Louis Laisney.

Biographie de François de Lescure

Découvrez le logo des 70 ans de la Charte de Grenoble !

1946 – 2016 : 70 ans de la Charte de Grenoble – charte fondatrice du syndicalisme étudiant :

Préambule

Les représentants des étudiants français, légalement réunis en congrès national à Grenoble le 24 avril 1946, conscients de la valeur historique de l’époque,
Où l’Union Française élabore la nouvelle déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen;
Où s’édifie le Statut pacifique des Nations;
Où le monde du travail et de la jeunesse dégage les bases d’une révolution économique et sociale au service de l’homme;
Affirment leur volonté de participer à l’effort unanime de reconstruction,
Fidèles aux buts traditionnels poursuivis par la jeunesse étudiante française lorsqu’elle était à la plus haute conscience de sa mission,
Fidèles à l’exemple des meilleurs d’entre eux, morts dans la lutte du peuple français pour sa liberté,
Constatant le caractère périmé des institutions qui les régissent,
Déclarent vouloir se placer, comme ils l’ont fait si souvent au cours de notre Histoire, à l’avant-garde de la jeunesse française, en définissant librement comme bases de leurs tâches et de leurs revendications, les principes suivants :

Art. 1. L’étudiant est un jeune travailleur intellectuel

Droits et devoirs de l’étudiant en tant que jeune
Art. 2. En tant que jeune, l’étudiant a droit à une prévoyance sociale particulière, dans les domaines physique, intellectuel et moral.
Art. 3. En tant que jeune, l’étudiant a le devoir de s’intégrer à l’ensemble de la jeunesse mondiale et nationale.

Droits et devoirs de l’étudiant en tant que travailleur
Art. 4. En tant que travailleur, l’étudiant a droit au travail et au repos dans les meilleures conditions et dans l’indépendance matérielle, tant personnelle que sociale, garanties par le libre exercice des droits syndicaux.
Art. 5. En tant que travailleur, l’étudiant a le devoir d’acquérir la meilleure compétence technique.

Droits et devoirs de l’étudiant en tant qu’intellectuel
Art. 6. En tant qu’intellectuel, l’étudiant a droit à la recherche de la vérité et à la liberté qui en est la condition première.
Art. 7. En tant qu’intellectuel, l’étudiant a le devoir:
• De définir, propoager et défendre la vérité, ce qui implique le devoir de faire partager et progresser la culture et de dégager le sens de l’Histoire.
• De défendre la liberté contre toute oppression, ce qui, pour l’intellectuel, constitue la mission la plus sacrée.

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