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21-28 avril 1946: il y a 75 ans le congrès de la charte de Grenoble 75 ans

A la mémoire des membres de l’AAUNEF délégués au congrès de Grenoble : Pierre Trouvat, Charles Lebert, Louis Laisney et de celle de Pierre Rostini et Paul Bouchet qui en furent les présidents.

Le texte reprend des éléments de la présentation de Robi Morder au séminaire Cité/Germe/GIS du 15 avril 2021 et de la contribution d’Alain Monchablon, « 1946, le congrès de la charte de Grenoble », dans Robi Morder (coord.),  Naissance d’un syndicalisme étudiant, 1946 : la charte de Grenoble, Paris, Syllepse, col. Germe, 2006.

La « déclaration des droits et devoirs des étudiants »,  plus connue comme la charte de Grenoble, est adoptée lors du 35e congrès de l’UNEF. C’est le premier congrès du temps de paix – le précédent tenu à Dax en avril 1945 s’étant déroulé alors que les combats ultimes se poursuivaient en Allemagne. Strasbourg, redevenue alors française, qui avait accueilli en 1919 le congrès de l’après Première Guerre, avait été envisagée, mais l’état des destructions avait rendu cette option impossible, elle sera réalisée en 1947. Il reste trois semaines pour changer de ville.

Non à la dissolution de l’UNEF

Liste des 653 signataires (Mise à jour: 30 mars 2021 10 h00)

, L’Association des anciens de l’UNEF, fondée en 1938, Elisabeth ABANDA AYSSI, BN UNEF, Etienne ADAM, UNEF 1966, Louis ADAM, BN UNEF 1970 -1971, Elise AEBISCHER, UNEF 2012-2015, Xavier AKNINE, Président UNEF-SE1986-1988, Gilles ALFONSI, UNEF 1989-1991, Audrey    ALLARD, BN UNEF 2009-2014, Samuel AMBROISE, UNEF, Pouria AMIRSHAHI, Président UNEF-ID 1994-1998, Baptiste AMOUX, UNEF 2016-2018, Chirinne ANDAKANI, BN UNEF 2012-2015, EtienneANDRE, UNEF ID 1991-1996, Margaud ANTOINE-FABRY, UNEF 2008 à 2013, Emmanuel ARBOIS, UNEF SE 1990-1995, Nicolas ASKEVIS, UNEF ID 1990-1995, Cyprien ASTIER, UNEF 2014, Manon AUBRY, UNEF 2008-2009, Patrick AUDARD, UNEF 1981-1985, Jean-Louis AUDUC, UNEF 1969-1972, Frédéric AUGENDRE, UNEF ID Secrétaire général 1983-1986, Clementine AUTAIN UNEF SE 1991-1994, Gilles ALFONSI, UNEF 1989-1991, Tania ASSOULINE, Secrétaire générale UNEF 2001-2003, Cécile AVELINO, UNEF 2009 – 2011, Sebastien BACHOLLET UNEF-SE 1980-1983,

Nos principes fondamentaux

L’association des anciens de l’UNEF a pris connaissance des événements qui se sont déroulés à Grenoble la semaine dernière et qui viennent mettre en cause l’UNEF et ses membres.

En aucune manière, l’association des anciens de l’UNEF ne saurait cautionner les agissements mettant publiquement en cause deux enseignants nommément désignés. Nous les condamnons sans réserve.

Sans occulter les ressorts de cette affaire et la violence qui s’est exprimée sur les réseaux sociaux, cette affaire est instrumentalisée pour dénigrer l’ensemble de la communauté universitaire. Elle vient en outre cautionner l’initiative douteuse et contestée de la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal qui a récemment demandé un rapport sur l’islamo-gauchisme au CNRS.

Comme elle l’avait fait en mai 2019, l’AAUNEF tient à réaffirmer son attachement à des principes fondamentaux des combats menés par les générations étudiantes qu’elle rassemble et que sont :

La laïcité en tant que principe garantissant la liberté absolue de conscience et de pratique de la religion,

La lutte contre le racisme et toutes les formes de discriminations,

Le droit à la culture conformément à la charte de Grenoble qui dispose « qu’en tant qu’intellectuel, l’étudiant a le devoir de chercher, de propager et de défendre la vérité, ce qui implique le devoir de faire partager et progresser la culture et de dégager le sens de l’Histoire. » (Article VII),

L’association des anciens de l’UNEF réaffirme son attachement aussi bien aux valeurs de liberté de création, que de liberté de la critique, sans censure.

Le conseil d’administration de l’AAUNEF. Paris, le 11 mars 2021

Santé et précarité étudiantes. Soirée débat

SOIREE-DEBAT JEUDI 25 MARS 2021 – 18 h 30 à 20 h 30 (Cliquer ici pour le Dossier documentaire)

L’AAUNEF a depuis plusieurs mois eu en son sein des échanges sur la situation étudiante actuelle, avec documents, analyses, et pris connaissance des positions du syndicalisme et du mutualisme étudiants. La LMDE ayant – avec l’UNEF – participé à la création de l’Association REVES Jeunes, centrée plutôt sur la précarité étudiante, il nous a paru utile d’avoir ces discussions avec les acteurs du terrain et organisé en commun cette soirée. Si la santé et la précarité étudiantes sont en partie liées, n’existe-t-il pourtant pas une approche spécifique des questions sanitaires au-delà de la crise du COVID ? Pour cette soirée en visioconférence les thèmes sont vastes, et nous ne pourrons qu’effleurer en deux heures ces sujets, mais nous espérons bien continuer de manière plus approfondie. L’AAUNEF est ainsi dans son rôle, permettant à la fois l’information des anciens sur l’état du milieu étudiant, que de transmission d’expériences.

Ouverture

Céline Martinez, présidente de l’AAUNEF.

I Un constat

Mélanie Luce, présidente de l’UNEF : COVID crise révélatrice d’une situation et qui l’amplifie.

Abdoulaye DIARRA, président de LMDE et de l’association Rêves : les conséquences sanitaires.

II Regard sur les réponses apportées par les pouvoirs publics

Restauration, Soutien psychologique (avec la FSEF sous réserve), Quelles actions en faveur des étudiants étrangers.

Robi Morder (Germe) Peut-on parler d’une génération sacrifiée ?

III Quelles réponses attendent les étudiants d’aujourd’hui ?

Les revendications de l’UNEF.

Les réponses santé de l’association Rêves.

Conclusion

 

Un dossier documentaire sera mis en ligne sur le site de l’association quelques jours avant le débat, ce qui permettra à toutes les personnes intéressées de préparer leurs questions.

La visioconférence se fera sur zoom. Les questions et remarques seront inscrites sur l’espace « discussion » (ou « chat » pour la version anglaise de zoom).

Inscription en écrivant à contact@aaunef.fr, le lien sera envoyé à chaque personne inscrite.

L’UNEF et les morts de Charonne (février 1962), deux témoignages: Michel Langrognet et Dominique Wallon

Le 8 février 1962 une manifestation contre les attentats de l’OAS (Organisation armée secrète, partisans du maintien de l’Algérie en France) à laquelle, parmi d’autres organisations, (CGT, CFTC, UNEF, SGEN, FEN et SNI, ainsi que PCF, PSU et Mouvement de la paix) l’UNEF appelle est violemment réprimée par la police parisienne, sous les ordres du préfet Papon. A la station de métro Charonne, on relève 9 morts. Le 13 février des centaines de milliers de personnes manifestent, à Paris le cortège funéraire va de République au Père-Lachaise. Dominique Wallon, son président, prend la parole au nom de l’UNEF. Voici son témoignage après celui de notre ami Michel Langrognet, ainsi que le discours prononcé. (Ci-dessus, extraits de la une et des pages centrales de « L’Étudiant de France », col. La contemporaine, consultable sur le site cme-u.fr).

L’UNEF et la guerre d’Algérie

Benjamin Stora, historien, ancien militant et responsable de l’UNEF unité syndicale et de l’UNEF indépendante et démocratique, vient de remettre au président Emmanuel Macron un rapport, accessible publiquement, « Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie ».  Pour l’association des anciens de l’UNEF c’est l’occasion de rappeler le rôle, parfois encore ignoré, joué par le syndicalisme étudiant alors rassemblé dans l’UNEF, dans la lutte contre la guerre d’Algérie

Vivre Vrai et parler Vrai – Discours de P-Y Cossé aux obsèques de Georges Danton

Georges Danton, membre de l’AAUNEF, ancien président de l’UNEF, élu en 1958, pendant la guerre d’Algérie est décédé le 1er décembre 2020. Notre ami Pierre-Yves Cossé était présent à ses obsèques le 14 décembre où il a prononcé le discours que nous publions, suivi de notes et liens biographiques.

Hommage à Malik Oussékine

L’association des anciens de l’UNEF se souvient du 6 décembre 1986, date à laquelle un étudiant de 22 ans, Malik Oussekine, trouva la mort sous les coups de matraque, rue Monsieur le Prince à Paris. Elle était représentée ce 6 décembre 2020 par Jean-Jacques Hocquard, aux côtés de Melanie Luce, présidente de l’UNEF et des représentants de la Mairie de Paris, pour se recueillir et se souvenir qu’il y a 34 ans, Malik Oussekine était battu à mort par les voltigeurs de Pasqua. PLUS JAMAIS ÇA !

Non à la criminalisation des mobilisations étudiantes

Dans un communiqué du 19 novembre 2020 l’AAUNEF demande le retrait d’un amendement à un projet de loi qui criminaliserait les « mouvements étudiants ».
C’est ce que  demandent également la conférence des Présidents d’université, les organisations d’enseignants et l’intersyndicale étudiante.

80e anniversaire du 11 novembre 1940

Cette année 2020 était le 80ème anniversaire de la manifestation étudiante et lycéenne du 11 novembre 1940 sur les Champs-Elysées.

I/ Souvenons nous.

Le 23 octobre 1940, le gouvernement de Vichy retire au 11 novembre le statut de jour férié. Si des dépôts de gerbe sont tolérés, tout rassemblement en revanche est interdit. Dès les premiers jours de novembre, au Quartier latin de manière spontanée et diversifiée on évoque, malgré les interdictions, de se regrouper le 11 novembre pour aller à l’Etoile à la sortie des cours. Des tracts circulent, parfois recopiés de la main à la main. Surtout à l’initiative de jeunes qui se connaissent, plutôt qu’à des groupes organisés. Pas de consignes des partis, ni de l’UNEF. Un tract est également ronéoté 5 place Saint-Michel, dans les locaux des œuvres, du centre d’entraide des étudiants prisonniers et de l’UNEF.

II/ L’UNEF en novembre 1940

A la veille de la guerre, l’UNEF comptait 21000 adhérents, un quart du corps étudiant. En 1939 60% de ses membres sont mobilisés dans l’armée, dont une bonne partie du bureau.

Jean David, à qui a été confiées présidence, trésorerie et secrétariat, s’installe, après l’Armistice, à Clermont-Ferrand « non loin des ministères » (près de Vichy) et demeure en contact avec les AGE. A Paris, François de Lescure, de la corpo des lettres, membre clandestin du Parti communiste, assure la représentation de l’UNEF en zone occupée.

Au 5 bd Saint-Michel sont installés, l’UNEF, le CSO (les œuvres) et le Centre d’entraide aux étudiants prisonniers. En septembre 1940, Jean David et Alfred Rosier, (secrétaire général des œuvres) donnent la ligne : « maintenir l’UNEF pour maintenir les Œuvres ».

III/ 11 novembre 1940 : « à l’avant-garde de la jeunesse française »

Le 11 novembre 1940, malgré l’interdiction, plusieurs milliers de jeunes sortant des lycées et des facultés en fin d’après-midi se rendent en groupes aux Champs-Elysées pour déposer des gerbes. Ils viennent du Quartier Latin, des lycées du 16e (Janson-de-Sailly), du centre de Paris (Charlemagne, Turgot), de l’est (Voltaire)… On y trouve bien sûr des gaullistes, des monarchistes de la corpo de droit, des communistes, mais la majorité est sans affiliation particulière, agglomérat hétéroclite amalgamé autour d’une commune opposition à l’occupation.

De Lescure et Louis Laisney (président de l’AGE de Caen, présent à Paris ce jour-là) font connaissance ; ce dernier raconte : « Dans la conversation patrio­tique que nous avions, nous nous sommes dit que ce serait bien de faire un saut à l’Arc de Triomphe. Nous y sommes allés en ordre dispersé, sans idée de faire une manifestation ».

Les manifestants, autour de 2000, sont d’abord bloqués, mais ceux de Janson arrivent à déposer une gerbe de 2 mètres de haut en forme de Croix de Lorraine. Les cortèges sont violemment dispersés par la police française et les militaires allemands. Il y a 150 arrestations, quelques bléssés mais, en revanche, pas de morts, contrairement aux rumeurs reprises ensuite par Radio Londres ou les journaux clandestins.

C’est le premier acte de la résistance à l’occupation nazie, étudiants et lycéens se mettant « à l’avant-garde de la jeunesse française » comme le souligne en 1946 la charte de Grenoble.

Robi Morder

11 novembre

Gerbe de l’AAUNEF à l’Étoile lors d’une cérémonie du 11 novembre

Pour aller plus loin :

Alain Monchablon, « La manifestation à l’Étoile du 11 novembre 1940 : histoire et mémoires » Vingtième Siècle. Revue d’histoire 2011/2 (n° 110),

Un dossier sur le site du Germe

Exposition du « musée de la résistance en ligne » consacrée au 11 novembre 1940

Video de la webconférence le 10 novembre 2020 « Le 11 novembre 1940 80 ans après », organisée par le Germe et la Cité des mémoires étudiantes.

Biographie de Louis Laisney.

Biographie de François de Lescure